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Les genres journalistiques sont des catégories utilisées par les journalistes pour caractériser la forme que prendra leur texte. À chaque genre correspondent non seulement une forme précise, mais aussi des fonctions bien distinctes. De la chronique à la dépêche d’agence, les genres journalistiques servent à exprimer une opinion comme à résumer brièvement une nouvelle.

Un journaliste choisit généralement un genre journalistique pour chacun de ses articles, en fonction du type de communication qu'il désire établir. Certains genres journalistiques relèvent du "journalisme assis", celui que l'on pratique sans obligatoirement se déplacer et qui requiert un certain talent d'écrivain : c'est par exemple l'éditorial ou la critique. D'autres relèvent du journalisme de terrain, et nécessitent de savoir dénicher l'information : le plus célèbre est sans doute le reportage.

Généralement, on peut attendre d’avoir terminé la collecte des informations pour choisir le genre journalistique qu’on adoptera, mais parfois certains genres sont affectés aux mêmes personnes, ou au même groupe de personnes, notamment pour les genres liés à l’opinion, comme l’éditorial, la chronique et la critique.

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Pour rapporter des faits

La brève
Comme son nom l’indique, la brève est un texte court (dix lignes maximum). Elle livre en trois ou quatre phrases une information très concise, sans titre, qui répond toujours aux 5W et à la question comment ?. Les 5W sont les questions auxquelles répondent les journalistes dans la plupart de leurs articles.

Il s’agit des questions qui ?, quoi ?, où ?, quand ? et pourquoi ? (en anglais : who ?, what ?, where ?, when ? et why ?).
Les brèves fournissent de l’information sur l’actualité. Elles couvrent toute une gamme de sujets, des faits divers à l’actualité internationale. Dans les médias écrits, les brèves sont généralement regroupées dans une colonne pour former un bloc de brèves. Sur les pages d’accueil de nombreux sites Web, on trouve de plus en plus fréquemment des brèves.

  Quelques exemples

Le reportage
Le reportage est un moyen de transmission de l’information fort répandu. Dans le cas du reportage écrit, son objectif est de faire connaître des informations collectées en un ou des endroits, tout en recréant l’atmosphère qui y régnait.

Ecrire un reportage suppose de s'être rendu sur place, d'avoir pris des notes, rencontré des gens et de savoir restituer un climat général.
Lors du reportage, le journaliste amasse des renseignements auprès des gens, certes, mais il se sert aussi de son sens de l’observation. Il note ce qu’il voit et ce qu’il entend. Lors de la rédaction de son article, il utilise abondamment les descriptions qui permettent au lecteur de se construire une image de la situation. Un reportage est un article qui donne à voir, entendre, sentir et ressentir ce que le journaliste a vu, entendu, senti ou ressenti lui-même.

Pour toutes ces raisons, le reportage est le genre majeur des informations télévisées.
Au Québec, le reportage radiophonique occupe une part importante des émissions d’information de la radio publique (Société Radio-Canada) et couvrent des sujets variés (les affaires, la science, la politique internationale, les enjeux sociaux, etc.).

Tu te demandes sûrement quel type de reportage il t’est possible de réaliser. Rappelle-toi que le reportage ne couvre pas que de grands événements. Il demeure aussi un outils de transmission d’information sur des sujets aussi variés que les parcs urbains, les mordus de vélo, les collectionneurs. C’est à toi de choisir !

  Quelques exemples
Le compte rendu
Le compte rendu doit être le plus précis et plus neutre possible. A la différence du reportage, il donne des informations factuelles, sans que la personnalité de l'auteur ne transparaisse. C'est précisément pour cette raison que le compte rendu est souvent considéré comme un peu ennuyeux, et que la presse ne l'utilise plus beaucoup.

  Quelques exemples
L'entrevue ou l'interview
L’entrevue consiste à recueillir les propos d’une personne dans le but de les publier. Selon son statut, sa profession, son expertise, les dires de cette personne constituent une source d’intérêt pour le lecteur. Le type d’écriture relié à l’entrevue n’est pas descriptif mais plutôt explicatif. L’échange (verbal ou par courrier électronique) peut porter sur un sujet précis et la personne interrogée agit alors à titre d’expert ou de responsable officiel, ou il peut porter sur la vie, les projets et les opinions de la personne interviewée (souvent une personnalité publique), qui parle alors en son nom propre. Ce sont les paroles de la personne interviewée qui constituent le corps du texte. Lorsque le journaliste retranscrit une entrevue, il doit faire très attention de bien rapporter les paroles de la personne interviewée. Le non-respect de cette règle pourrait nuire à la crédibilité du journaliste.

  Quelques exemples

   

Pour expliquer


L'enquête
L'enquête a pour but de faire le tour d'un sujet. Elle pose un problème et, par une série d'articles traités selon des genres journalistiques différents, elle cherche à l'étudier, à l'expliquer, en donnant au lecteur un maximum d'informations. Habituellement, les enquêtes traitent de questions sociales, économiques, culturelles, sans être toujours obligatoirement liées à l'actualité immédiate.

Produire une enquête suppose de définir une problématique, puis de déterminer les différents angles qui pourraient l'éclairer. Le journaliste recueille alors une documentation large, en lisant, en regardant et en rencontrant différents spécialistes. Il recoupe chaque information pour s'assurer de sa fiabilité, trie et sélectionne ce qu'il veut conserver. Puis il tire des conclusions de ses recherches et rédige son enquête.

L'enquête permet de proposer toute la panoplie des genres journalistiques : l'analyse pour livrer l'essentiel de la réflexion, l'interview ou le portrait d'une personne rencontrée, les brèves pour des petites informations complémentaires, le billet ou l'éditorial pour donner un autre point de vue…

  Quelques exemples
L'analyse
L'analyse, parfois appelée "article de fond" est un des genres les plus répandus dans la presse écrite. Un des plus exigeant également. Elle consiste à tenter d'éclairer un sujet en l'étudiant en profondeur. Le journaliste rapporte des faits et les replace dans leur contexte géographique, historique, économique… Il en tire des observations, relève des constantes, des évolutions, des contradictions. Il tire ses conclusions en cherchant à provoquer la réflexion chez son lecteur.

  Quelques exemples
Le portrait
Le portait tient à la fois du reportage, de l'enquête et de l'interview. Le journaliste a rencontré son personnage, l'a interviewé. Il a effectué des recherches sur lui et cherché à mieux le connaître. Il en donne une image vivante, colorée, en reprenant en partie ses paroles ou des faits qui éclairent sa personnalité.

  Quelques exemples

   

Pour commenter

L'éditorial
L’éditorial est un texte d’opinion qui présente la position d’un journaliste ou de l’éditeur d’un journal. Il traite généralement de sujets d’actualité. Il s’agit d’un texte qui occupe souvent une place particulière à l’intérieur du journal puisque celui-ci ne compte habituellement qu’un éditorial par publication.

L’éditorial d’un quotidien ou d’un hebdomadaire donne le point de vue de l’éditeur et engage le journal. Dans les journaux anglais, il n’est pas signé car on estime que c’est toute l’équipe du journal qui endosse ses propos. Dans les journaux français, il peut être signé par "la rédaction", le rédacteur en chef, un chef de rubrique, ou ne pas être signé du tout comme au quotidien Le Monde. Dans les journaux québécois de langue française, les éditoriaux sont signés par leur auteur, mais ils engagent tout le journal. Les éditorialistes jouent un rôle très important dans la société en prenant part régulièrement aux grands débats publics et ils contribuent à façonner l'opinion. Les éditoriaux des grands journaux sont lus attentivement par les acteurs sociaux, notamment les politiques.

Au Québec, la page éditoriale d’un journal peut contenir plus d’un éditorial, mais celui de l’éditorialiste en chef est celui qui donne le ton. Pour connaître la nouvelle ligne éditoriale du quotidien La Presse, on peut lire la série d’éditoriaux rédigés récemment par son éditeur en chef, Alain Dubuc, publiés dans la version papier du quotidien et en ligne à l’adresse suivante : http://cyberpresse.ca

L’éditorial d’un magazine ou d’une revue peut remplir une fonction un peu différente : condenser et articuler les propos contenus dans la revue ou le magazine en faisant sortir les points forts et en annonçant parfois de nouvelles tendances. Il peut aussi témoigner de la position du magazine ou de la revue, au besoin.

  Quelques exemples
La critique

La critique est un texte d’opinion qui s’appuie sur une connaissance souvent très approfondie d’une discipline artistique, comme la littérature, la musique, le cinéma, les arts visuels et l’architecture. On y dévoile des appréciations d’un film, d’un spectacle, d’un projet gouvernemental, etc. La critique relève les points forts et/ou les points faibles du sujet abordé. Une bonne critique laisse généralement beaucoup de place aux exemples et aux descriptions.

Issus du milieu universitaire ou autodidactes, les critiques acquièrent au fil des ans une expertise reconnue. Cette reconnaissance, parfois contestée, leur donne une influence importante sur le public et peut mener au succès ou à l’échec d’un événement artistique. Pour faire bon usage des critiques, il est important de connaître les préférences de ses auteurs. Un critique musical qui n’aime pas ou connaît peu le rap ne sera pas le meilleur juge du dernier spectacle d’un groupe de rappeurs. Le terme “ critique ” désigne à la fois la personne qui la rédige et le genre journalistique.

  Quelques exemples

Le billet
Le billet est un texte d’opinion, généralement court, qui traite sur un ton humoristique, voire fantaisiste, un sujet d’actualité ou un sujet secondaire.
Si les journaux français publient régulièrement des billets, on n’utilise plus guère le terme "billet" au Québec, les textes d’opinion autres que les éditoriaux étant regroupés sous le vocable plus général de "chroniques".

  Quelques exemples
La caricature
La caricature appartient à la catégorie des “ textes d’opinion ”. C'est un dessin qui paraît habituellement dans la page éditoriale (au Québec), à la Une ou dans les pages intérieures. Elle suit l’actualité dont elle reprend et commente les faits essentiels avec un humour parfois corrosif. Comme elle porte habituellement sur l’actualité politique, sa large diffusion témoigne de la liberté d’expression de l’État dans lequel son journal d’attache est publié. Notons que pour comprendre une caricature, il faut bien suivre l’actualité car la caricature condense beaucoup d’informations et intègre souvent des jeux de mots. Au Québec, les caricaturistes les plus connus sont Garnotte (Le Devoir), Chapleau (La Presse) et Aislun (The Gazette). En France aussi les caricaturistes sont souvent attachés à un journal, dont ils sont la "signature" : Plantu, au Monde, est sans doute le plus célèbre, avec Pessin, Wilhem, Diaz...

  Quelques exemples
La chronique
Contrairement à l’éditorial, la chronique est un texte d’opinion qui n’engage pas le journal ou l’émission dans laquelle elle est diffusée, ce qui laisse théoriquement à son auteur une plus grande liberté. Les chroniques peuvent couvrir différents sujets : de la politique aux manifestations artistiques.

Les chroniques politiques, qui peuvent aussi traiter de la culture et de l’économie mais sous un angle politique, sont signées par des auteurs bien connus du public ou au moins des milieux journalistique et politique. Les chroniques politiques sont lues avec soin par les équipes de relations publiques des politiciens, en raison de l’influence qu’elles peuvent exercer sur l’opinion publique. En France, la chronique est rarement utilisée pour couvrir l'actualité politique, mais plus fréquente dans le domaine judiciaire.

Les chroniques de consommation (spectacles, restaurant vins, jardinage, etc.) répondent davantage à des objectifs de promotion : elles servent à la fois les intérêts du public et celui des annonceurs. Les chroniqueurs de manifestations artistiques font connaître au public les émissions, les films, les spectacles en cours et que souvent, ils n’ont pas encore vus, ce qui les distingue des critiques, qui offrent une sélection commentée. Les chroniqueurs horticoles font connaître de nouvelles variétés de plantes; les chroniqueurs de vins, les bonnes cuvées. La distinction entre chronique et critique n’est pas toujours claire cependant et donne souvent lieu à discussion chez les principaux intéressés. En général, ce qui justifie la parution ou la diffusion d’une chronique, c’est d’abord la possibilité de la financer avec de la publicité. Par exemple, les chroniques portant sur la décoration intérieure paraissent dans un cahier où on trouve aussi de la publicité portant sur des biens et services liés aux arts de la maison.

Les chroniques peuvent être publiées dans les journaux, diffusées à la radio et à la télé. Ce sont souvent les mêmes personnes qui travaillent pour différents médias, comme pigistes.

Les journalistes qui rédigent des chroniques sont des chroniqueurs. On les appelle aussi parfois au Québec “ columnists ” mais c’est là un terme anglais. Parmi les chroniqueurs les plus lus du Québec on trouve Pierre Bourgault (Le Journal de Montréal), Pierre Foglia (La Presse) et Jean Dion (Le Devoir).

  Quelques exemples

   

Pour réagir


La lettre d'opinion

Tous les journaux et les magazines comportent une section réservée aux commentaires des lecteurs. Le genre de textes qui y est le plus souvent publié est la lettre d’opinion. Cette lettre présente le point de vue du lecteur sur un sujet traité à l’intérieur de la publication, ou qui pourrait intéresser le public en général. La lettre peut vanter, condamner, analyser, faire le point sur des idées, des événements, des actions.

Le ton d’une lettre d’opinion peut varier selon les lecteurs auxquels elle est destinée. Il peut s’agir d’un ton ironique, agressif, humoristique, neutre, élogieux, etc. Son rôle principal est de fournir des preuves qui permettent de convaincre. Pour être efficace, la lettre d’opinion doit respecter une structure particulière et surtout, s’appuyer sur des arguments et non pas seulement sur des émotions. Malgré sa structure de base bien définie, la lettre d’opinion offre l’avantage de rester un texte susceptible d’épouser de multiples genres selon les humeurs de l’auteur et le public ciblé.

  Quelques exemples

 

   

 

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© AQUOPS-CyberScol, Réseau Éducation-Médias, CLEMI
Mise à jour le 17 juin 2002