par Véronique BOYER
17 ans, 5e secondaire, école Le Ber, Sherbrooke
La séparation du Québec a ouvert beaucoup de combats verbaux entre les Canadiens. Les Québécois affirment qu'ils sont différents du reste du pays. Personnellement, j'étais d'accord mais sans trop de convictions car je n'avais pas vraiment eu d'expériences avec d'autres Canadiens. Dernièrement, j'ai participé à un voyage où de jeunes Canadiens de toutes les provinces se réunissaient. C'est à ce moment que j'ai compris pourquoi les Québécois se disaient différents.
Premièrement, le système scolaire n'est pas du tout le même au Québec qu'ailleurs dans le pays. Dans les autres provinces, le cégep n'existe pas. Ils font de la première année jusqu'à la douzième année, pour ensuite aller directement à l'université. Quand nous parlions de l'école, dans nos conversations, c'était très différent. Nous, au Québec, graduons normalement à 17 ans; eux c'est à 18 ans.
Deuxièmement, l'importance d'apprendre la deuxième langue de leur pays n'est pas très grande pour les Canadiens-Anglais. Beaucoup d'élèves ne font que deux ou trois cours de français. En 11e et 12e année, le français est un cours complémentaire. Ma compagne de voyage et moi parlions beaucoup avec eux, de l'école et la plupart des jeunes entendaient pour la première fois le vrai français, pas le français «cassé». Ils disaient que les professeurs de français n'étaient pas compétents dans leur enseignement. Ce que je trouve bizarre, c'est qu'ici au Québec, aucune école n'engagerait un professeur d'anglais qui ne maîtrise pas parfaitement la langue tandis qu'ailleurs au Canada, ils le font. Pourquoi le français n'est-il pas aussi important pour les anglophones que l'anglais l'est pour nous? C'est une question que je me suis posée fréquemment durant ce séjour.
Finalement, ce qui m'a le plus irrité de cette expérience c'est que nous, les rares francophones qui étions là, nous nous forcions à leur parler anglais, même en nous humiliant quelquefois, mais eux ne le faisaient pas. Il y avait quelques exceptions, il y en avait qui se forçaient et j'appréciais vraiment cela. Malheureusement, la plupart préféraient parler anglais entre eux. Il y en a même qui n'ont pas dit un seul mot et préféraient nous ignorer. J'ai essayé une fois d'approcher une personne et avant que j'aie eu le temps de placer un mot, elle me dit: « I don't speak French », et elle s'est retournée.
En conclusion, je sais maintenant pourquoi les Québécois se disent différents et je suis tout à fait d'accord avec eux. C'est une expérience qui m'a permis d'apprendre beaucoup. Je n'en veux pas aux autres Canadiens personnellement, mais à l'ensemble de la société pour l'importance minable qu'elle accorde au français.
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