En bas!

Le cri de l'âme

Le suicide est-il un acte de lâcheté ou de libération?

Édition du 1er juin 1996

par Monique CORRIVEAU
16 ans, 4e secondaire, polyvalente Louis-St-Laurent, East Angus

Plusieurs sujets sont restés tabous pendant trop longtemps. La société à bout de nerfs dans laquelle nous vivons s'est enfin éveillée sur les divers problèmes sociaux. Surtout chez la vague fougueuse que sont les adolescents. Or, le suicide est-il un acte de lâcheté ou de libération? Quant a moi, je pense que cette décision est à la fois lâcheté et libération. Tout simplement parce que fuir les problèmes que nous rencontrons est un certain manque de courage face à la vie. Par contre, mettre fin à ses douleurs physiques, décider de ne plus exister doit aussi demander un maximum de courage.

À prime abord, la lâcheté est un sujet que nous pourrions approfondir pendant des heures... Rencontrer diverses difficultés tout au long de notre cheminement me paraît tout à fait normal. Cependant, on m'a toujours dit, étant plus jeune, que fuir ses ennuis ne résoudrait rien. Tout cela ne ferait qu'empirer les choses. S'éliminer de la carte est une des meilleures façons de ne plus avoir à faire face à ses problèmes. En conséquence, c'est involontairement de les multiplier et de les transmettre plus souvent qu'autrement à ses proches. J'ai toujours gardé cette philosophie de mon enfance dans ma vie. C'est donc, un certain signe de faiblesse, pour ainsi dire, de lâcheté.

Secondo, la libération, en ce qui me concerne, a toute sa volupté dans cette circonstance. Lorsqu'un être est emprisonné par la douleur physique, l'esprit ne peut s'empêcher d'avoir quelques pensées suicidaires, n'en pouvant plus, décidant de rendre l'âme pour mettre un terme à ses souffrances. Le corps ne se sentant plus libre d'aller où bon lui semble, cloué à son lit, n'étant du même coup plus autonome, ne fait que se détériorer, au point d'en périr. Voilà pourquoi je pense que le suicide peut être une façon de dernier recours de se libérer.

En conclusion, la seule question à laquelle nous pouvons être vraiment rassurés de la réponse est : "Être ou ne pas être?" Car, quelle qu'en soit la réponse, il faut énormément de coeur au ventre pour tenir tête à la société dans laquelle nous vivons. Quelques fois, je m'accroche encore à ce vieux rêve. Celui d'avoir un monde moral et physique meilleur. Hélas, je crains que nous, nous serons morts, mon frère... en vain. Quant à savoir s'ils ont pris la bonne décision, nous le saurons chacun, lorsque nous y arriverons...


CyberScol
Info

Vous avez des commentaires? Écrivez-nous!
©CyberScol. Révisé le 1er juin 1996