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La liberté : une valeur importante!

L'avortement devrait-il être accepté
par l'Église chrétienne?

Édition du 1er juin 1996

par Marie-France BÉGIN
17 ans, 5e secondaire, polyvalente Louis-St-Laurent, East Angus

De nos jours, les jeunes ne sont plus aussi entourés qu'autrefois. Nos parents nous laissent plus de liberté et ne sont plus aussi présents qu'avant. Par le fait même, les relations amoureuses entre jeunes commencent plus précocement. Or, l'avortement devrait-il être accepté par l'Église chrétienne? Je crois que oui! Je pense que chaque personne humaine devrait pouvoir choisir le moment où elle désire donner la vie à un enfant. Je crois aussi que les personnes victimes de viol ou d'inceste ne devraient pas être obligées de donner naissance à un enfant créé par une monstruosité humaine.

Premièrement, chaque personne humaine devrait avoir le droit de choisir le moment où elle aura un enfant. Qui d'autre peut savoir le meilleur moment pour donner naissance à un enfant? Il faut l'avouer, un enfant requiert beaucoup de soins, d'amour, de patience et d'argent. Si la mère ne se sent pas prête à assumer ces responsabilités, je crois qu'elle devrait avoir le droit de se faire avorter pour son bien-être et celui de l'enfant qu'elle porte. Plusieurs diront : "Elle n'avait qu'à bien se protéger!", mais ils ne réalisent pas que les moyens de contraception ne sont jamais sûrs à cent pour-cent. Les médecins sont unanimes, même en utilisant deux moyens de contraception différents, il y a encore des chances, environ 2%, pour la jeune fille de tomber enceinte. Un condom qui déchire, l'inaction de la pilule anticonceptionnelle ou tout autre moyen de contraception peut, à l'occasion, avoir une défaillance et causer une naissance non voulue. La liberté est une valeur prônée par l'Église, mais elle rejette la liberté du corps qu'apporte l'avortement.

Deuxièmement, la jeune fille enceinte victime d'inceste de la part d'un membre de sa famille devrait, selon l'Église, donner naissance à un bébé engendré par, je crois, une quelconque maladie mentale de la part de l'agresseur. Cette fille risque déjà de rester marquée à perpétuité par cette malheureuse expérience qu'est l'inceste, sans en plus avoir un enfant qui lui rappellerait sans cesse la relation incestueuse vécue lors de sa jeunesse.

Troisièmement, la femme croyante, qui tombe enceinte lors d'un viol commis par un pervers sexuel, se voit conseiller par l'Église de garder l'enfant. Voulant conserver sa foi, elle se voit prise dans un cul-de-sac. Je vais prendre l'exemple d'une amie à qui cette problématique est arrivée. Caro était une fille très croyante; ses parents lui avaient inculqué dès son très jeune âge des valeurs mettant l'avortement comme un péché mortel. Un soir où Caro revenait chez elle, un maniaque sexuel la viola et elle tomba enceinte. Caro était alors prise dans un incontournable dilemme. Devait-elle ou non se faire avorter? Honteuse, elle n'osait en parler à personne, de peur de se faire juger. Ne voyant plus la lumière au bout du tunnel, elle décida de se suicider. Elle laissa une longue lettre à ses parents et amis pour leur expliquer la situation. Puis, elle se pendit au plafond du sous-sol. L'histoire de Caro reflète toute l'ampleur de ce sujet controversé qu'est celui de l'avortement. Si l'opinion de l'Église n'avait pas été aussi rigide concernant l'avortement, Caro serait sûrement encore parmi nous.

Finalement, je réaffirme que l'avortement est une chose bonne si, bien sûr, il est bien utilisé. Chaque personne sur la terre a droit à la liberté de son esprit et de son corps. Les femmes victimes d'actes sexuels violents, devraient, d'après-moi, avoir le droit d'avorter en toute paix d'esprit. J'espère que plus jamais aucune femme ne moura par la faute d'incompréhension de la part de l'Église. Et vous, que pensez-vous de l'avortement?


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