En bas!

L'apprenti chevalier

Édition du 1er juin 1996

par Catherine ROBERT-DUBORD
11 ans, 6e année, école Académie du Sacré-Coeur, Bromptonville

Il était une fois dans un riche village aux abords d'un château fort, un fils de paysans nommé Trayou. Il vivait seul avec son vieux père et son cochon. Tous les trois vivaient dans un coin du village, dans leur hutte. Trayou avait une dizaine d'années. Il n'osait pas sortir, de peur de se faire ridiculiser par ses voisins, les riches.

Un jour, son père partit chercher des provisions pour le petit déjeuner. Trayou s'inquiéta alors, «ça fait lontemps que père est partit.» Pense celui-ci en caressant son cochon. Le voilà justement qui arrive... avec un cheval! Comme il est beau! se dit-t-il. Pendant quelques minutes il regarda le cheval, puis, sans même réfléchir poussa la porte et sortit dehors à toute vitesse. Il s'arrêta pour respirer l'air frais qu'il n'avait jamais respiré auparavant. Ses jambes qui n'avaient jamais couru s'arrêtèrent aux pieds du cheval noir. «Comme il est beau père», dit Trayou.

Il est pour toi, mon fils. Prends-en bien soin, dit son père. Comment s'appelle-t-il père? Demanda le jeune garçon sur un ton joyeux. C'est à toi de lui trouver un nom, Trayou, s'exlama son père en rentrant dans la hutte. Trayou choisit le nom "Éclair" pour son magnifique cheval qui venait de faire une démonstration de son puissant galop.

Les jours passèrent, puis finalement Trayou parla : "Je viens de prendre une décision père", marmonna-t-il. "Qu'as-tu mon fils, raconte-moi ton désir", répondit son père. Je veux devenir chevalier père, dit Trayou d'un air joyeux. Mon fils, c'est très dangereux et puis ton souffle court à force de respirer de l'air mal propre et les jambes molles à force de te priver de courrir... C'est très risqué, dit son père d'un air convainquant. "Père, tous les jours je vais voir Éclair, je cours, je respire normalement", dit le jeune garçon. Peut-être as-tu raison mon fils, dit son père d'un ton douteux.

Le lendemain Trayou se rendit chez la vieille sorcière-magicienne. Elle était de très petite taille(plus petite qu'Trayou) et elle lui fait peur avec son sinistre sourire et son énorme bosse dans le dos. Tout le monde l'appelait la sorcière-bossue.

"Zira j'aimerais que mon cheval parle". Proposa-t-il en s'installant sur la petite table.

J'ai justement ce qu'il faut Trayou. Une bague magique. Chaque fois que tu l'enfileras à ton index, ton cheval hennira trois fois et parlera, "dit Zira en riant méchamment". Trayou s'en alla en remerciant la brave dame mais celle-ci l'arrêta. Holà, jeune homme, n'oublie pas; ne la perd pas ou tu seras puni. Les yeux de la vieille dame brillèrent au soleil.

Arrivé à l'écurie, Trayou mit la bague. Son cheval poussa trois puissants hennissements et parla. "Monte sur mon dos et allons voir sa Majesté". Le roi fera de toi un brave chevalier. La voix du cheval parut grave aux oreilles du jeune garçon. Sans protester il monta sur le dos du cheval et cria : "Hue!" d'un élan extraordinaire, Éclair galopa en direction du château. Les gardes du pont levis parlaient ensemble. Trayou n'eut pas le temps de dire "Ho!" que son cheval sauta par dessus les gardes. Arrivé au pied du roi, Trayou lui adressa poliment la parole. "Majesté, je m'appelle Trayou, j'aimerai devenir chevalier. Je resterai fidèle".

Vous ne m'avez pas l'air très en forme jeune homme, mais j'achèterais volontiers votre manucure. "Proposa le roi".

"Pas question! Jamais je n'abandonnerai Éclair", dit Trayou.
"Dans ce cas, j'accepte de faire de toi un chevalier. Va voir Lancelot, à l'écurie, il te dira quoi faire", dit le roi, vexé.

Arrivé à l'écurie, Lancelot dit à Trayou de seller son cheval. Après avoir sellé son cheval, Lancelot conduisit le jeune page dehors. Il vit de jeunes garçons de son âge s'entraîner."ce ne sera pas facile", annonce Lancelot à Trayou. Jours après jours Trayou progressait. Le soir, il se reposait chez lui et racontait à son père, les efforts qu'ils faisaient.

Un mois plus tard...

En se levant, Trayou se souvint qu'aujourd'hui, pour lui, c'était le grand jour..."Père, comme je suis heureux! Aujourd'hui on va m'évaluer. Si je suis bien entraîné, mon ami Lancelot et moi, deviendrons chevalier", dit le jeune page, content.

Arrivé au château, Trayou sella son cheval avec les ornements que le roi lui avait donnés. Il enfila sa cotte de mailles et son heaume, prit son épée, sa lance et son bouclier puis partit à l'enclos. Le roi y était avec sa femme et cinq grands chevaliers. Trayou était nerveux. Puis, le roi annonça : "Toi et Lancelot, battez-vous".

Le jeune garçon resta sur place, jamais on ne lui avait enseigné le combat. Le roi qui s'en apperçut dit :" Bas-toi à ta manière, Trayou". C'est ce qu'il fit. Après le combat, Trayou qui n'avait qu'une simple égratignure, dit au roi :"Majesté, je ne voudrais pas blesser Lancelot"... Je comprends... Tu t'es bien battu.

Lancelot, a-t-il réussi les épreuves au cours du mois dernier? "Dit le roi sérieux". Demain tu partiras affronter le dragon, "dit le roi à Trayou". Tu iras seul avec ton cheval et tes armes, affronter le dragon de la colline-du-feu. "Cria encore le roi".

Le soir même Trayou fit un cauchemar. Il rêva qu'il était en train de tuer le dragon, qu'il perdait sa bague et comme punition, lui et Éclair mourraient brûlés par les flammes du dragon. Il se réveilla tout en sueurs, en criant...

Dehors on entendait les sonneries des trompettes tandis que le jeune page s'avançait vers sa Majesté sur sa monture."Chevalier Trayou". Votre première quête est d'affronter le dragon de la colline-du-feu. Vous partirez seul avec votre cheval et vos armures et défenses. Si demain à l'aube vous n'êtes pas revenu, nous prierons tous pour ton courage et ta fidèlité."Annonça le roi devant la cour réunie.

Ça faisait plus d'une heure que Trayou marchait aux côtés d'Éclair dans un petit sentier sablonneux. "Mon pauvre ami, tu dois être reposé. Maintenant je monte sur ton dos et allons sur la colline-du-feu, "dit le jeune Chevalier en s'adressant à son cheval. "Non! Jai besoin de repos", dit Éclair d'une voix en colère. Donc ils s'arrêtèrent pendant une bonne heure. Trayou regarda son cheval dormir et se dit : "Pourquoi je n'irais pas voir le dragon pendant qu'Éclair dort?" C'est donc ce qu'il fit.

Ça ne faisait même pas cinq minutes que Trayou marchait, qu'il commença à avoir chaud il enleva sa cotte de mailles et la jetta. Elle tomba dans une petite mare et fit un gros "Plouf!"(Les cottes de mailles sont faites uniquement de petit anneaux de métal joints ensemble). On entendit alors : "Groarrr..." C'était le dragon qui venait de se réveiller, faché. Le jeune chevalier et le dragon échangèrent leurs regards puis tout à coup le dragon cracha une flamme énorme sur Trayou. Celui-ci eut le réflexe de pointer son bouclier sur le jet de feu. D'un puissant coup de griffe la bête giffla le jeune homme en plein visage. Ne voyant que du sang, Trayou se débatit et son épée, comme par hasard arriva vis à vis le coeur de la bête. Guidé par sa force il fonça. La bête s'abbatit. Éclair réveillé par tout ce tapage. Le jeune chevalier perdit connaissance et sa monture le ratrapa de justesse.

Trois heures plus tard, au village des paysans crièrent :"Il arrive, notre sauveur arrive!" Le cheval s'éffona de fatigue au pied du roi qui marmonna"blessé, notre sauveur est blessé".

Trayou se réveilla à l'infirmerie. Ses yeux tombèrent sur la plus jolie fille qu'il n'avait jamais vue. "Qui êtes-vous?" Demanda-t-il. "Mon nom est Janne de Grenoble : je suis infirmière". Répondit-t-elle. Pendant ces quelques jours à l'infirmerie, Trayou parlait à Janne et lui racontait son destin, ses rêves. Puis vint le temps de se quitter.

Chaque jour il allait voir le roi pour de nouvelles quêtes.

Très vite il dépassa Lancelot et fut nommé : "Meilleur chevalier du Roi Arthur VII". Quand on le voyait arriver sur sa fière monture tous faisaient une merveilleuse révérence à ses pieds. Le jeune chevalier, par son courage et sa tenacité avait gagné l'estime de tout le monde.


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