En bas!

Panique

Édition du 1er juin 1996

par Shanie FONTAINE
17 ans, 5e secondaire, école Le Ber, Sherbrooke

Depuis le début du voyage, cette crainte grandissait en moi, et me clouait à mon siège. Nous étions partis à 5 heures le matin, d'Atlanta, où j'avais été envoyé pour un voyage d'affaires.

Voilà... L'avion s'est posé. Nous étions de retour. Je me levai de mon siège, tout en sueurs, gardant toujours cette crainte en moi. Voulant me rassurer, je pensai : "Mais oui, elle y sera! Pourquoi n'y serait-elle pas ?"

Autour de moi, des femmes et des enfants riaient et couraient se réfugier dans les bras de celui qui avait été absent. Il y avait à côté de moi, un jeune garçon grassouillet, tenant un suçon dans sa petite main d'enfant. Il souriait... Son visage était clair et ses yeux lançaient des étincelles. Je tournai la tête pour oublier mon regret de n'avoir jamais eu d'enfant pour m'attendre, les bras ouverts.

Il faisait chaud. L'ambiance était lourde et une odeur de foule entassée me levait le coeur. Je tentai de regarder au-dessus de ces têtes joyeuses. Mais elle n'y était pas.

Elle aurait dû être là... L'aurait-on enlevée ? Pendant mes six mois d'absence, avait-elle déménagé ? La panique me prit. Je courus au niveau des informations, mais on haussa les épaules sans me répondre.

Tout semblait s'écrouler autour de moi. Les murs trop blancs me semblaient tout à coup fragiles, et je ne donnais que quelques secondes au plafond trop haut pour qu'il me tombe sur la tête. Les couloirs, de plus en plus vides avec le temps, se ressemblaient tellement l'un l'autre que je ne savais plus par où sortir.

Au bord des larmes, j'avançai vers une vieille dame qui me souriait doucement. Je lui expliquai mon désarroi. Gardant son sourire qui d'ailleurs m'avait presque rassuré. elle pointa le couloir de droite.

J'avançai par la force du désespoir jusqu'à ce couloir, et enfin, je la vis... Elle était là, juste devant moi. Je courus vers elle, riant et pleurant à la fois. Arrivé près d'elle, je me penchai doucement, appuyai sur le bouton métallique et pris une grande gorgée. L'eau de la fontaine était aussi claire et froide que j'en avais rêvé depuis des heures.

Je repartis, soulagé...


CyberScol
Info

Vous avez des commentaires? Écrivez-nous!
©CyberScol. Révisé le 1er juin 1996